Cet assourdissant silence


Le silence, ce moment particulier de vide intense où le temps semble suspendu.


Nous vivons pour la plupart d’entre nous dans un environnement sonore. Les bruits incessants de la vie citadine, les sonneries de téléphone, les notifications de messages, les moteurs des voitures, … notre vie quotidienne baigne dans un brouhaha continue dans lequel le silence est devenu rare.


Tellement rare qu’il est redouté. Fréquemment vécu comme étant oppressant, il embarrasse et installe souvent une sorte de malaise, une gêne palpable que l’on s’efforce de balayer par n’importe quel moyen. Le rompre, le faire taire, le dissiper devient alors une priorité.


Je ne parle évidemment pas ici de ce silence coupable qui cache la vérité comme lorsque l’on passe les choses sous silence, ni de celui qui puni ou isole ou encore du silence inconscient de l’autocensure qui érige des murs autour de soi. Le mutisme, ce silence que l’on s’impose en s’interdisant de dire ce qui devrait l’être. Ce silence là déplace les bruits de l’extérieur vers l’intérieur. Colère, rancœur, amertume et mots aigres sont étouffés et intériorisés. Le brouhaha qu’ils provoquent à l’intérieur est nocif et destructeur tant pour soi que pour les autres. C’est un silence de fermeture et de rupture qui détruit la relation à l’autre.


« Entends ce bruit fin qui est continu, et qui est le silence. Écoute ce qu'on entend lorsque rien ne se fait entendre » - Paul Valéry

Le silence dont je parle est un silence agréable. C’est un silence de paix, un instant de douceur. Un cocon qu’il est agréable de retrouver car il permet d’aller à sa rencontre, de reprendre contact avec soi, avec ses émotions, ses désirs et ses sensations les plus profondes.

Faire silence, c’est se couper des bruits autour de soi, puis installer le calme en soi pour se reconnecter à son cœur et son âme. C’est un silence conscient qui permet à l’intérieur, là où le temps et l’espace n’ont que peu d’importance, de reprendre contact avec l’essentiel de qui on est.


Mais aller à sa propre rencontre n’est pas chose aisée.

Il faut ré apprivoiser le silence. Ré apprendre à laisser ce temps suspendu s’installer, s’habituer à ce vide qui laisse le champ libre aux pensées, puis calmer ces pensées qui se multiplient pour tenter d’occuper tout l’espace qui s’est fait. Évidemment, cela prend un peu de temps de se familiariser avec cet état que l’on évitait soigneusement jusque-là.


La thérapie holistique est une approche de l'être dans son entièreté. Il faut savoir écouter son corps et les fatigues ou douleurs physiques qui vont avec, mais il est tout aussi nécessaire de prendre soin de son cœur, de son âme et de leurs blessures.


« Le silence est à l’âme ce que le sommeil est au corps » - Elphège Vacandard