• Cecile

Les émotions et notre petite usine chimique intérieure



Notre cerveau est une magnifique petite usine chimique où, chaque émotion, comme une étincelle mettrait le feu aux poudres, met en branle une mécanique complexe mais précise.

Un voyant s’allume et la machine se met en route. En une fraction de seconde nos cellules nerveuses communiquent entre elles, des hormones sont sécrétées et des réactions physiques apparaissent et se font sentir.

Ce sont ces émotions et ces réactions qui nous permettent d’ajuster notre comportement à notre environnement et qui provoquent des réactions propres à chacun. Ces réactions intenses ou imperceptibles peuvent entrainer la dilatation de nos pupilles, l’accélération de nos battements cardiaques, mais aussi nous faire pâlir, rougir, rire ou pleurer.


Pour mieux comprendre le rôle fondamental joué par nos émotions, la complexité, mais aussi la précision, de cette usine interne, voyons ce que provoque par exemple la peur, émotion primaire qui déclenche des réactions liées à la survie.


Imaginons qu’au petit matin, au moment de mettre un pied dans la douche, vous découvriez, tranquillement lové dans un coin de celle-ci, un serpent qui vous y attend sagement.

A la vue de cette bestiole ondulant sur le sol devant vous, là où encore ensommeillé vous vous apprêtiez à poser le pied, vos sens (vue, ouïe, …) envoient un SOS, que dis-je un hurlement, à la partie du cortex chargée de la réception des informations sensorielles. Ces dernières transitent ensuite vers le cortex préfrontal pour y être traitées alors que dans le même temps, le système limbique les analyse aussi. Hippocampe et amygdales les associent instantanément à une notion de plaisir ou de déplaisir, déterminant la conduite à tenir et mettant en branle les réactions induites. Les premiers messages chimiques sont alors envoyés par l’hypothalamus à nos systèmes sympathique et parasympathique pour préparer le corps ... à fuir dans ce cas précis !


Noesis-réseau



Le système sympathique, qui gère les organes et les fonctions automatiques telles que la respiration et le battement du cœur, va réagir à cette « attaque » et à ce stress en accélérant le métabolisme par l'intermédiaire de la noradrénaline, qui réveille nos organes et nos muscles. Instantanément, les glandes surrénales vont lancer la production d'adrénaline, qui accélère le rythme cardiaque, augmente la pression artérielle, augmente le diamètre des bronches, assèche la bouche, donne la chair de poule ou fait violemment transpirer.

Le système parasympathique tente lui dans le même temps de préserver l'équilibre interne du corps, par le biais de l'acétylcholine, en modérant la tempête émotionnelle et en tentant de ralentir le fonctionnement de l’organisme.


Les émotions sont le lien entre le cerveau et le corps. Il n’a fallu que quelques dixièmes de secondes pour que la communication entre nos cellules nerveuses, les sécrétions hormonales et les manifestations physiques ne génèrent une réaction nous permettant de nous adapter en fonction de notre environnement.

Cette magnifique mécanique interne permet à notre corps de s’ajuster instantanément. L’impact des émotions est immédiat et sans concession. La machine se met en marche dans la fraction de seconde où les stimuli sont détectés.


Évidemment, chacun réagit en fonction de ses expériences personnelles, de ses apprentissages et de sa personnalité, l’essentiel est d’être attentif et à l’écoute de cette belle mécanique afin d’identifier les signes que le corps nous transmet et vivre pleinement ces émotions.


Observer comment cette émotion arrive, les sensations physiques ressenties et les pensées qui surviennent.

Cette mécanique est là pour nous alerter et nous préserver. Les émotions sont un signal d’alarme et plus nous apprenons à écouter et décrypter ce signal d’alarme, moins il a besoin de sonner fort. Les émotions sont des alliés, elles ne doivent donc pas être combattues et refoulées…. Mais c’est un autre sujet !

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